Pourquoi je n’ai pas fait les soldes aujourd’hui


Il y a des jours, où la vie décide de ne pas suivre son cours. Le cours de la mienne, aujourd’hui, c’était le même que la tienne. Les soldes. C’est sans saveur, c’est toujours la même chose mais ça coûte pas cher et c’est excitant, un peu comme un brownie Brossard finalement. Et le brownie, tu le défonces chaque fois avec autant de ferveur. Il faut dire qu’avec toutes ces Remises partout, je me sens un peu comme une morue dans l’eau.

Bref, techniquement, depuis l’arrivée des nouvelles technologies, des solutions .com, .fr et .enfer ont été inventées pour éviter à l’être humain tout déplacement physique en territoire miné en ce D-day. Et pourtant, vous savez qu’il faut quand même aller au front, les Internets, c’est pour les mauviettes. Prendre les armes —CB, ballerines, leggings et Navigo— et aller sauver le soldat Zara.

Ça  devait donc commencer avec la matinale de 8h des grands magasins. Le réveil calé à 7h, partance 30 minutes plus tard, machine de guerre sur le départ. Et là, ta mère t’appelle. Elle ne t’appelle pourtant jamais avant 10 heures, elle sait que c’est touchy. Rapport à la mauvaise humeur matinale et aux soirées très arrosées de la veille, généralement. Bref, elle t’appelle et elle a besoin de toi. Parce qu’elle est coincée dans l’ascenseur. Depuis quand elle prend l’ascenseur ? Elle habite au 1er étage. Et en pleine possession de ses moyens pour descendre 18 marches alors pourquoi ????? Pourquoi aujourd’hui ??? Et pourquoi moi ?
Elle est seule, flippée, en attente de secours qui devraient arriver d’ici 42 minutes désormais et, c’est ta mère. Alors tu y vas parce que Maman>Mango. C’est comme ça. C’est pas grave, il reste toujours l’option déjeuner.

Toute la matinée, les mails avec le mot “soldes” dans l’objet s’accumulent dans ta BAL et les achats des blogueuses multiplient leurs apparitions sur Instagram. Tu ne like pas. Tu ne t’énerves pas non plus. La tension monte et la pile de dossiers aussi. C’est pas grave, midi c’est dans 1h30.

Là, ton mec t’appelle pour déjeuner. “Désolée chaton, j’avais prévu d’aller faire les soldes”. Sachant que tu avais successivement annulé tes derniers date-jeuners pour cause de
– séance d’épilation
– effondrement psychologique après avoir raté l’ouverture de la billetterie pour Beyonce/Jay-Z
– cours de yoga Vikram (du bikram par un prof viking suédois)
tu préfères t’éviter la rupture et annules ainsi le rendez-vous entre ta carte bleue et le TPE d’H&M.

De retour de déjeuner, désemparée, tu tapes donc “pourquoi ne pas faire les soldes” afin de te consoler au travers de témoignages réconfortants et forums Doctissimo à ce sujet. Peu de résultats concernent avec exactitude cette requête, si ce n’est un fameux top de nos amis Topitopeurs (hey mais c’est le même qu’en 2011 les gars !) et un article de… MinuteBuzz. Ecrit par… toi. Enfin moi. T’as compris l’effet de style. Bref, WTF ?! Comment avais-je pu anticiper un jour me retrouver dans une condition d’exclue de la société de consommation. L’impression d’avoir écrit à mon futur moi il y a de cela 6 mois me bouleverse. Mais pas autant que les raisons minables que j’avais pu évoquer. “Votre placard déborde” cela a-t-il déjà été un problème ? “Vous n’avez plus de RTT à poser” Mais des arrêts maladie, si. Bref, mon article ne tient pas la route et me désavouer moi-même ne fais qu’ajouter une couche de médiocrité aux lasagnes de nullité qu’est ma vie. Et dire que c’est dans ces moments-là où un petit top à 4,90€ adoucirait toutes les peines du monde.

La session à la sortie du boulot ? Inenvisageable. Trop tard pour filer rider le 3ème étage du Printemps alors que ta copine jeune maman t’attend pour un dîner débrief sur son accouchement sans douleur en milieu aquatique autour d’une tasse de thé détox. Tu peux pas lui faire ça. Tu peux pas la zapper pour l’excitation d’un prix fracassé alors qu’elle a vécu le plus grand fracassage qui puisse exister, celui de son vagin, et veut partager cette expérience avec toi. Alors tu y vas, et en plus t’es sympa, tu ramènes à grignoter.

Heureusement, le BioCoop en bas du bureau faisait lui aussi des soldes à sa façon. Grosses promos au rayon crackers sans gluten. J’ai donc toppé les Gaufrettes au parmesan pour 0,35 centimes de moins que leur prix initial. Une bonne affaire en somme, que mes amis de ce soir pourront donc apprécier à l’heure de l’apéro. Tout n’est pas perdu.

 


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